dimanche 7 août 2016

Parce que je t'aime

Parce que je t’aime
Par Hyacinthe TOURE
Juin 2005

C’était un dimanche après-midi. « Shirley, ta grande sœur Ophelia au téléphone ». C’était un appel international. « Je ne lui parle pas. » Je pensais à une plaisanterie. Elles sont sœurs, amies et complices. Elles ne peuvent se passer l’une de l’autre. . Très vite, j’ai dû me rendre à l’évidence. C’était sérieux. « Pourquoi ? », demandai-je, « Elle m’a énervée. Je suis très fâchée. Je ne veux plus lui parler ». Elle ressentait vraiment de la colère. Cela se reflétait sur son visage. Non, jamais je n’aurais pu imaginer cela.

Pour une parole, un comportement, un geste, une offense, des foyers et des amitiés sont brisés, des familles fragmentées, des pays divisés et des guerres ont éclaté.

« Non, non et non. J’ai eu trop mal, j’ai été profondément blessé, je ne peux pas pardonner », entend-on çà et là. Nos maux et ceux de la société sont souvent liés au manque de pardon, car le pardon reçu ou donné est au cœur de la santé mentale de l’homme. Qu’est-ce que le pardon et pourquoi est-il si important ?

Selon le dictionnaire, pardonner c’est tenir une offense pour non avenue, c’est renoncer à tirer vengeance. Oui, c’est renoncer à tirer vengeance. Un choix très difficile.

Lors d’un procès pour homicide involontaire, une rencontre fut organisée par le juge à la demande d’un pasteur entre le chauffeur fautif et la mère de la victime. Lors de la rencontre, l’homme a fondu en larmes devant cette femme éplorée. Cette dernière fut prise de sympathie. Elle a donc demandé une remise de peine. Ce qui fut accordé par le juge. Le pardon ne vient pas éliminer la justice.

Les premiers propos de Nelson Mandela après avoir passé plus 116 000 jours en prison ont porté sur la paix, le pardon et la réconciliation. À l’initiative de Desmond Tutu, une « Commission Vérité et Réconciliation » fut mise sur pied. Il était convaincu que la société sud-africaine ne survivrait pas si les noirs ne pardonnaient pas à leurs bourreaux blancs.

Plus de 20.000 victimes se sont présentées pour parler de leurs meurtrissures, des injustices et des tortures qu’elles avaient subies. Plus de 5000 tortionnaires ou bourreaux étaient présents. 1163 ont avoué leurs crimes et ont été amnistiés.

Le Pardon a été pour beaucoup de Sud-africains un médicament très dur à avaler. Les Dirigeants ne leur ont pas demandé de renoncer à leur colère. Ils ont simplement demandé de pardonner. Aujourd’hui, le Peuple sud-africain poursuit son chemin vers la croissance et le développement durables.

Pour la première fois dans l’histoire, le pardon a été utilisé à un niveau national comme une thérapie et ce fut un vrai succès.

Par contre, les Journées nationales de réconciliation en Côte d’Ivoire n’ont pas eu l’impact escompté. Il y a eu beaucoup d’amalgames et de confusions. Si le pardon et la réconciliation peuvent être associés, plusieurs points sont à préciser :

1. On ne peut aller à la réconciliation sans le pardon et on ne peut pardonner sans connaître l’offenseur. À qui devrions-nous pardonner ?

2. Le Pardon est un processus lent. « Si tu n’es pas rancunier, tu lui pardonneras tout de suite ». En plus de la blessure, l’on culpabilise l’offensé. Il faudrait laisser à l’offensé le temps de pardonner. Non, le pardon n’est pas un acte héroïque. Il n’engage pas notre seule volonté. Il engage tout notre être (notre cœur, notre intelligence, notre être psychique, etc.)

3. Le Pardon n’est pas synonyme de réconciliation. Il ne s’impose pas.
Deux amis qui se blessent sévèrement ne peuvent pas décider de tourner la page d’un seul coup de baguette magique. Il faudrait qu’il y ait tout d’abord le pardon. La réconciliation vient ensuite. Elle n’est pas systématique. Elle est à souhaiter.

4. Le pardon n’est pas l’oubli. Mais notre mémoire émotionnelle va se cicatriser. On va se souvenir de l’événement, mais on n’aura plus de ressentiment en notre for intérieur. Quand on touche une cicatrise, elle ne fait plus mal. C’est ce qui arrive quand on pardonne. On ne souffre plus.

Si le pardon est bénéfique pour tous, en revanche, les effets du non-pardon sont dramatiques pour l’individu et la société.

La première réaction toute naturelle de l’homme, c’est la vengeance. Œil pour œil, dent pour dent, c’est la loi des équivalences ou la loi du talion. Le danger de vengeance, c’est la spirale de violence qu’elle engendre.

La haine, l’amertume, la rancœur, le ressentiment et la rancune qui sont des réactions tout à fait naturelles et légitimes sont néfastes pour la santé mentale de l’individu. La blessure reçue nous empoisonne la vie. On vit dans un stress continu. Ils sont à l’origine de l’hypertension, de l’arthrite, de certains cancers, de l’ulcère, des dépressions, des maladies psychiatriques et même cardio-vasculaires.

De plus, ces sentiments ont une influence néfaste sur notre entourage et notre vie socioprofessionnelle. Ils ne soulagent ni n’apaisent la douleur, ils l’augmentent. Vous ne pouvez trouver la paix ni le réconfort dans la vengeance et la haine. Elles endurcissent le cœur et le rendent amer. La vengeance et la haine n’apportent rien.

En revanche,
le pardon apaise le cœur,
le pardon libère l’âme,
le pardon affranchit,
le pardon grandit,
le pardon rapproche les individus.

Deux anciens gardiens de prison de Nelson Mandela furent reconnus par ses gardes de corps lors de son investiture. Ils voulurent les expulser. « C’est moi qui les ai invités. Ils étaient prisonniers comme moi. Aujourd’hui, ils sont libres ». Quelle belle preuve de pardon et de l’amour du prochain !

La justice a certes condamné le chauffeur, mais elle ne peut rendre la vie à la victime. Mais le pardon accordé par cette dame les a libérés et affranchit tous les deux. Plus d’amertume ni de haine ni d’esprit de vengeance. Elle ne regarde plus le passé et se tourne vers l’avenir.

Quelques jours plus tard, je vis cette page imprimée collée au mur du bureau de Shirley à domicile. Un courriel reçu de sa grande sœur Ophelia avec pour titre « parce que je t’aime ». Sur cette feuille, un encadré avec une colombe blanche entourée de roses rouges et un bref message. À droite, un autre message empreint d’humilité. Enfin, un texte émouvant bien à propos de Max le poète.



C’est ce courriel qui m’a inspiré. Le 30 octobre 2001, Ophelia s’est brusquement éteinte. Elle n’avait que 47 ans. Mais je n’oublierai jamais son humilité et sa belle preuve d’amour. Shirley aurait été sûrement dépressive aujourd’hui si elles ne s’étaient pas réconciliées à temps.

Aujourd’hui, il n’est pas trop tard. Vous qui ne voulez pas pardonner parce que profondément blessé. Quelle valeur accordez-vous au pardon ? « C’est un homme qui a perdu ses deux mains qui m’a appris à pardonner », dixit un ancien prisonnier de Robben Island.

Oui, quelle est la valeur de votre pardon ? Plus la blessure est grande, plus grande est la valeur de votre pardon. Il n’est pas trop tard. Vous pouvez commencer la thérapie du pardon dès aujourd’hui. Le pardon est la clé de tout. Pardonner, c’est aimer son prochain. Mais, c’est aussi s’aimer soi-même, car nous souhaitons tous être pardonnés.



mardi 12 juillet 2016

La Vie

Quand la Vie te bouscule, réjouis-toi ! Elle te dit « réveille-toi, tu dois recevoir un enseignement. »
Quand tout semble aller mal, réjouis-toi ! La Vie te dit « révolte-toi, tu as l’occasion d’exercer ton pouvoir. »  
La Vie te dit « cherche bien. La solution est dans le problème. » 
La Vie te dit « examine bien les circonstances qui se présenteront, elles sont les réponses à tes prières ». 
Agis selon les circonstances et tu trouveras la réponse à ta prière. 
Oui, la Vie est un grand professeur. Mais, nous sommes de mauvais élèves. 

lundi 11 juillet 2016

La Gratitude

La meilleure façon d’exprimer notre gratitude à Dieu, c’est de vivre pleinement la Vie qu’il nous a donnée, en donnant le meilleur de nous-mêmes. 

La meilleure façon d’exprimer notre gratitude à Dieu, c’est de vivre l’instant présent en donnant de la vie à notre Vie et en nous détachant progressivement du passé, fut-il glorieux ou non, car le passé est déjà mort. Carpe diem.

La Peur

C’est la peur qui régit notre être. Nous avons peur de souffrir et nous souffrons parce que nous avons peur. 
Nous avons peur d’aimer et peur de ne pas être aimés en retour. Nous avons peur de dire « je t’aime ». 
Nous avons peur de perdre l’être aimé. Nous avons peur du manque. 
Nous avons peur du regard des autres. 
Nous avons peur d’être jugés par les autres. 
Nous avons peur de ne pas plaire aux autres. 
Nous avons peur de dire « oui ». 
Nous avons peur de dire « non ». 
Nous avons peur d’échouer. 
Nous avons peur d’être vivants. 
Nous avons peur d’être nous-mêmes et de vivre pleinement notre vie. 


La peus bâtit un mur de Jéricho sur notre chemin. Il nous faudra fournir beaucoup d'efforts pour abattre ce mur et atteindre notre but. Elle nous dit : tu ne vas pas réussir. A quoi bon te fatiguer !

la peur est une menteuse. Ne l’écoutons pas ! Faisons ce que nous désirons. Elle va s’éclipser, car la peur est une vraie peureuse.

Pourquoi avons-nous peur ? Nous avons peur par ignorance. 
Est-il possible de maitriser et de vaincre la peur ? Oui, acquérir la connaissance pour éviter d'avoir peur inutilement.

dimanche 10 juillet 2016

Samedi saint : jour du shabbat

Cette nuit, mon sommeil fut troublé et agité
Tout est accompli ! Tout est accompli
Tout, pas un peu ou presque tout ; Oui, Tout.
Cette parole résonne dans mon esprit.
Mon âme, toujours, en peine.
Je compris qu’il est Seigneur.
Je m’inclinai ; Je me mis à genoux.
Je levai les bras vers le ciel.
Je suppliai le seigneur de me pardonner.
Si je ne t’avais pas pardonné, je n’aurai pas porté à la croix tes péchés et tes iniquités.
Tes péchés et ceux de tes frères sont cloués à la croix.
Toutes les horreurs et vilenies clouées à la croix : haine, envie, égo, convoitise, jalousie, méchanceté, guerre, pauvreté, misère, rancœur, rancune, la colère, la tristesse, la peur, la trahison.
Le royaume des cieux est rétabli sur terre.

Oui, Tout est accompli. 

Vendredi Saint

Après t’avoir trahi et vendu au prix d’un esclave cette nuit,
Après t’avoir renié 3 fois cette nuit,
Après t’avoir haï sans raison, me voilà mêlé à la foule pour te suivre.
Alors, j’ai fait un faux témoignage contre toi.
J’ai craché sur ton visage ;
Je t’ai donné des coups de poings et des soufflets ;
Je me suis moqué de toi ;
J’ai préféré un brigand, Barrabas, à toi.
Je me suis acharné contre toi en te frappant la tête couverte de la couronne d’épines que j’ai contribuée à tresser.

Alors tu as posé un regard sur moi et ton silence parlait :
« N’est-ce pas toi, Hyacinthe, qui m’accueillais des branches de rameaux à la main, quelques jours auparavant, avec des cris “hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur” ? »
Mon cœur fut troublé. Il ouvrit la bouche et dit : « Père, pardonne à Hyacinthe et à toute cette foule, car ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Comment est-ce possible ?
Comment peux-tu nous pardonner après tout ce que je t’ai fait, moi et mes frères ?
Comment se fait-il que tu te réconcilies avec moi ?
D’où vient-il cet amour, pour moi et mes frères, pour tout pardonner ?

Moi, qui garde rancune ;
Moi, qui refuse de pardonner pour des choses futiles ; 
Moi, qui refuse de me réconcilier avec mon prochain ;
Toi, plus la faute est grande, plus grand est ton pardon !
Toi, plus la faute est grande, plus grand est ton Amour !

Aujourd’hui et pour toujours, mon âme réclame ce don du pardon ;
Aujourd’hui et pour toujours, mon âme réclame le don de l’Amour qui est l’Alpha et l’Omega.

J’ai suivi la foule et je me suis rendu au lieu du crâne, la colline de Golgotha.
Là où les Romains crucifient les condamnés.

Perdu dans la foule, j’ai assisté à ta crucifixion comme un vulgaire brigand.
Toi, le messager de la parole.
Toi, l’être de Lumière.
Toi, dont la parole est sans péchés.
Toi, qui pardonne tout.
Toi, l’être d’Amour.

Mes frères se sont partagé tes vêtements.
Je t’ai entendu proncer cette phrase : TOUT EST ACCOMPLI.
Et tu as remis ton âme à Dieu, celui qui t’a envoyé.
Alors, mes yeux et mon esprit se sont ouverts.

J’ai vu, tu portais sur toi tous mes péchés et mes iniquités.
J’ai vu tous mes péchés et mes iniquités cloués à la croix.
J’ai vu mes pensées négatives et mes sentiments vils cloués à la croix.
J’ai vu aussi ceux de mes frères cloués à la croix.

Comment peux-tu accepter de porter nos péchés et nos iniquités ?
Malgré notre méchanceté, tu n’as pas renoncé à ta mission.
Tu as donné ta vie pour me sauver, moi, un pauvre pécheur.
Tu as donné ta vie pour sauver mes frères et sœurs.
Y a-t-il un plus grand amour ?

Aujourd’hui et pour toujours, je comprends ton commandement : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »
Aujourd’hui et pour toujours, je comprends ton commandement : « Aime ton prochain comme toi-même. »

Aujourd’hui et pour toujours, je réclame la maîtrise de cet amour.

Jeudi Saint

Cette nuit, Seigneur, tu as partagé ton repas avec moi.
Oui, cette nuit, Seigneur, tu m’as lavé les pieds pour me purifier
Oui, cette nuit, Seigneur, tu m’as montré et m’as prouvé tout l’amour que tu as pour moi.
Oui, cette nuit, Seigneur, tu m’as dit que tu m’aimes.
Pourtant, je t’ai vendu au prix d’un esclave. Je t’ai trahi à travers Judas.
Je t’ai renié 3 fois, à travers Pierre, avant le chant du coq.
Oui, c’est moi Judas. Traitre, je le suis.
Oui, c’est moi Pierre. Renieur, je le suis.
Et tu acceptes de porter mes péchés pour que je vive.
Qu’ai-je fait pour mériter tant d’amour de ta part alors que j’ai tout fait pour que tu me haïsses ?
Tu m’aimes tout simplement. La puissance de l’amour qui pardonne tout.
Aujourd’hui, mon âme veut vraiment mériter tout l’amour que tu me portes. Alors, je réclame ce don de l’Amour afin que je puisse aimer sans rien attendre en retour.
Que ton saint nom soit glorifié à jamais !